dollars Dans une étude, le FMI détaille et condamne l’ampleur de l’évasion et de l’optimisation fiscales. La lutte annoncée contre le phénomène n’a pas donné le résultat escompté.

Près de 40% des investissements directs étrangers (IDE), soit 15 000 sur un total de 40 000 milliards de dollars par année, ne financent pas d’usines ou d’autres activités économiques. Ils n’alimentent pas la croissance, et encore moins la création d’emplois. Ces investissements «fantômes» circulent d’une structure financière de multinationales à une autre et d’un pays à un autre dans un seul but: celui d’échapper au fisc.

L’évasion ou l’optimisation fiscale ne sont pas un nouveau sujet. Des organisations comme Tax Justice Network dénoncent le phénomène depuis plusieurs décennies. Mais désormais, même le Fonds monétaire international (FMI) s’y met. Dans la dernière édition de Finance & Development, sa publication phare, le gendarme de l’économie mondiale expose l’ampleur des investissements «fantômes». Le montant qui échappe au fisc grâce à l’ingénierie financière et à l’usage de coquilles vides représente l’équivalent du produit intérieur brut (PIB) cumulé de la Chine et de l'Allemagne.

85% des investissements «fantômes» dans dix pays

Le FMI souligne aussi que 85% des 15 000 milliards ne se retrouvent concentrés que dans dix paradis fiscaux. Le Luxembourg et les Pays-Bas en accueillent presque la moitié. Le reste est réparti entre Hongkong, les îles Vierges britanniques, les Bermudes, Singapour, les îles Caïmans, la Suisse, l’Irlande et l’île Maurice. En savoir plus