Vivons nos temps

12 juillet 2019

Alaa Al Aswany : "A un moment donné, les personnages m'échappent, deviennent indépendants et font ce qu'ils veulent"

alaa Né en 1957, Alaa al Aswany, qui exerce le métier de dentiste au Caire, est notamment l’auteur du roman "L’Immeuble Yacoubian" (Actes Sud, 2006), qui lui a valu une notoriété internationale, et, tout récemment, de "J'ai couru vers le Nil". Rencontre avec ce grand écrivain

Écrivain égyptien Alaa al Aswany est traduit en 37 langues. Polyglotte, il lit en français, anglais, espagnol et arabe. Dentiste de profession en Egypte, il a aussi travaillé six ans à l'usine. Il enseigne aujourd'hui à New York et dans son pays, il fait partie de ceux qui ont réclamé des élections présidentielles réellement libres. Il est acteur et chroniqueur de la vie politique de son pays. L'écriture romanesque a commencé avec la sortie de L’Immeuble Yacoubian en 2002.

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Kant : "L’homme est sans doute assez peu saint, mais l’humanité dans sa personne doit être sainte pour lui"

kant Kant parle ici d'une évidence : l'homme est assez peu saint, et nous en faisons le constat au quotidien. Mais qu'est ce que la suite de cette affirmation de Kant peut bien signifier ?

Cette phrase a eu un impact considérable dans l’histoire de l’Occident. Elle est au cœur de la révolution des Lumières qui proclama l’égalité en droits de tous les êtres humains, du seul fait qu’ils sont des êtres humains.

Mais cette analyse nous invite aussi à faire une expérience toute simple, une expérience philosophique qui peut nous transformer en profondeur…

Cette expérience est d’autant plus urgente que l’humanité dans notre personne est de toute part menacée… La leçon de philo par France Culture

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Edward Hopper, peindre le temps qui s’étire

hooper Témoin direct de l’évolution consumériste de l’Amérique, le peintre Edward Hopper s'y oppose. Les personnages de ses tableaux, passifs, seraient-ils des figures d'une protestation silencieuse ? Dans les oeuvres, le temps est suspendu, mais beaucoup se dit...

Edward Hopper, 1882-1967, est un peintre à part dans l'histoire de la peinture américaine.
Imprégné de culture picturale française et européenne, il désirait créer un art typiquement américain mais avait exclu de son iconographie les grandes villes et leurs gratte-ciel ainsi que les espaces monumentaux de l'Ouest américain sauvage.
Depuis les débuts de son oeuvre et jusqu'à sa disparition, Edward Hopper s'intéresse aux « empty moments », les moments vides, les zones de passages, les seuils et les espaces de frontières... Que racontent-ils ? En savoir plus grâce à France Culture

Illustration : Word and silence, d'Edward Hooper

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Economie circulaire : le déchet à l’heure de l’urgence écologique

dechets Une loi anti-gaspillage, pour une "économie circulaire", a été présentée hier mercredi 10 juillet en Conseil des ministres. Gestion et traitement des déchets, filières de recyclage, de nombreuses pistes sont évoquées. Avec Baptiste Monsaingeon et Philippe Bihouix.

L’écologie du quotidien et le traitement des déchets étaient au centre du  Conseil des Ministres hier mercredi 11 juillet. La secrétaire d’Etat à la Transition écologique Brune Poirson y a présenté son projet de loi sur l’économie circulaire, de la réduction de la production des déchets à leur collecte (consigne, traitement ou valorisation). 

"On est face à un projet de loi qui est plus orienté vers la question du recyclage que vers la question de la réduction des déchets. Est-ce que cette loi est à la hauteur de l’urgence écologique en cours ? Est-ce que le recyclage qui est mis en œuvre depuis une quarantaine d’années en Europe et dans les pays du Nord a fait ses preuves en termes de réduction de déchets ? La réponse est non. Est-ce qu’il n’est pas temps de passer à une autre forme de réglementation des industriels et des politiques publiques ? Certainement que oui".    
Baptiste Monsaingeon

"L’écologie du quotidien avec nos déchets. Hier, en Conseil des Ministres, la secrétaire d’Etat à la transition écologique Brune Poirson a présenté son projet de loi sur l’économie circulaire, de la réduction de la production des déchets à leur collecte (consigne, traitement ou valorisation)".    
Baptiste Monsaingeon

"On fantasme sur la dématérialisation de l’économie, on fantasme sur l’économie des services, sur un monde post-industriel. Mais non, on vit dans une société hyper industrielle. Peut-être que ça se voit un petit moins chez nous parce que les usines ont été délocalisées un peu partout. Mais quand on réintègre le bilan des imports exports de la France, les émissions de CO2 et la consommation de ressources et d’énergie par personne augmentent !"   
Philippe Bihouix

Est-ce qu’on peut décemment penser une croissance économique infinie dans un monde aux ressources matérielles finies ? C’est en quelque sorte cette promesse d’une décorellation entre une économie de marché qui continuerait à croître indéfiniment et l’épuisement des ressources ainsi que la pollution de l’environnement. Cette promesse a été perpétuée par l’idée du « développement durable » et dont le relai a été maintenant pris par « l’économie circulaire ». Mais jusqu’ici on n’a pas pu décoreller ces deux courbes.    
Baptiste Monsaingeon

Il y a moins de 2€ de matières premières dans un smartphone qui coûte plusieurs centaines d’euros. Le reste c’est du marketing, des amortissements d’usine, du développement, etc.   La suite de l'entretien de France Culture

Image : filiere-3e.fr

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11 juillet 2019

Ruée vers les métaux précieux des profondeurs

océan Etonnamment légère, une pierre sombre et granuleuse de la taille d’une pomme de terre passe de main en main. «Cette roche appelée nodule polymétallique est âgée de 4 à 5 millions d’années et elle a été récoltée à 4000 mètres de profondeur dans le Pacifique», indique Gerard Barron, directeur général de DeepGreen Metals. Il participait à une table ronde sur l’exploitation minière des profondeurs, organisée dans le cadre de la Conférence mondiale des journalistes scientifiques, qui s’est tenue du 1er au 5 juillet à Lausanne.

DeepGreen Metals est une compagnie minière canadienne qui ambitionne de créer des mines de nodules métalliques dans les fonds des océans. Et pour cause: ces roches sont de véritables bombes de métaux de valeur, tels que cobalt, cuivre, manganèse et nickel, qui entrent notamment dans la composition des batteries de voitures électriques et des turbines d’éoliennes. Mais l’impact écologique d’une telle exploitation, dans un environnement pour l’heure préservé de toute activité humaine, inquiète la communauté scientifique.

Lire aussi: Ecologique, la voiture électrique?

L’idée de tirer parti des ressources minérales des fonds marins peut faire penser à un serpent de mer: elle refait régulièrement surface depuis les années 1970. Mais l’enjeu paraît désormais stratégique. «Il y a de plus en plus d’intérêt commercial pour ce type d’exploitation», assure Katie Ellis, porte-parole de l’Autorité internationale des fonds marins (ISA). Cet organisme onusien créé en 1994 a justement pour mission de régler l’accès aux richesses des sols marins situés hors de la juridiction des Etats. En apprendre plus avec le Temps

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10 juillet 2019

1541 : le "Jugement dernier" de Michel-Ange, une œuvre digne d'un bordel ?

jugement Mathilde Serrell est envoyée spéciale dans le passé pour nous faire revivre en direct les grands chocs esthétiques de l’histoire des arts et de la culture comme si nous y étions. Aujourd'hui, direction la Chapelle Sixtine au XVIe siècle, pour un scandale pictural.

1er novembre 1541, c’est le grand jour à Rome. Derrière l’autel de la Chapelle Sixtine, sur un mur de 13 mètres sur 12, la fresque tant attendue du Jugement dernier est enfin inaugurée par le pape Paul III pour la Toussaint. L’œuvre, qui a été commandée par la papauté à l’artiste star Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange, provoque déjà le scandale, mais que se passe-t-il ?La puissance de cette chaire est-elle trop humaine pour incarner le divin ? L’œuvre de Michel-Ange serait-elle elle mieux dans un bordel ? En plein concurrence luthérienne, ce Jugement dernier n’est-il pas en vérité le meilleur allié de l’Église catholique ?Avec Paul Ardenne, historien de l'art et commissaire d'exposition, spécialiste entre autres de la Réforme et Contre-Réforme.

Ecouter l'émission de France Culture

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"En attendant Godot" de Samuel Beckett

gogot D'octobre 1948 à janvier 1949, quand Samuel Beckett (1906-1989) rédige en Français l'une de ses pièces de théâtre emblématiques, En attendant Godot, c'est dans un contexte d'après-guerre. À cette époque, les pièces absurdes n'étaient pas comprises, trop expérimentales. La pièce dure deux heures et donne à vivre l'expérience des personnages, leur attente-même. Contre toute attente, En attendant Godot fut l'un des plus grands succès du théâtre d'après-guerre, traduit dans une vingtaine de langues et joué dans le monde entier.
C'est avec cette pièce que Beckett est enfin reconnu.

La pièce comprend deux actes. Les personnages principaux sont deux vagabonds, Vladimir et Estragon, qui se retrouvent sur une route de campagne pour rencontrer Godot, un homme qu’ils ne connaissent pas, et dont ils ne savent rien. Se joignent à eux deux autres personnages, Pozzo et Lucky.
De Godot, nous n'apprendrons rien, et nous ne le rencontrerons pas.

Quel est ce courant de pensée d'après-guerre dit "de l'absurde" qu'on rapproche de En attendant Godot ? Beckett avait-il un projet philosophique en écrivant cette pièce ? Accéder à l'émission de philosophie de France Culture

Image : compagnie-interstices.com

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Une fenêtre s’ouvre sur la Fête des Vignerons de Vevey (Suisse)

vevey La grande célébration veveysanne des travaux de la terre a révélé quatre tableaux à quelques privilégiés. Leur qualité musicale, leur puissance visuelle et la ferveur collective qu’ils expriment suscitent l’admiration. La Fête sera belle.

Voir le Château d’Aile à tire-d’aile… Un vieux rêve aviaire se réalise à Vevey. En montant tout en haut de l’arène géante, 32 mètres au-dessus de la place du Marché, et en se penchant par-dessus bord comme l’oiseau hors du nid, on découvre en plongée les tourelles de l’édifice et, plus bas encore, un bateau de la CGN beau comme un jouet. Au-delà s’ouvre un panorama prodigieux qui va des terrasses de Lavaux aux Dents-du-Midi. L’écrin géant de la Fête des Vignerons, d’une contenance de 20 000 places, sidère par sa taille et son harmonie.

Dix jours avant l’ouverture de la Fête des Vignerons, Vevey s’enchante. On y croise de drôles d’oiseaux et quelques insectes géants. C’est le premier soir où les costumes se répandent dans les rues. On sent frémir la région, vibrer un diapason encore timide.

«La lune, la terre»

Ce soir, quatre tableaux vont être dévoilés en avant-première, pour «donner un avant-goût du plaisir de l’œil, de l’oreille et surtout du cœur», s’enflamme François Margot. Sur les Terrasses de la Confrérie, ce magnifique espace de restauration adossé à l’arène face au lac, l’abbé-président, grand commanditaire des réjouissances, rappelle la signification de cette célébration dédiée aux travailleurs de la terre. Il insiste sur l’importance du couronnement. L’origine et la finalité de la Fête sont la récompense des meilleurs vignerons-tâcherons. Elle a traditionnellement lieu le matin à 7h. Mais trop rares sont les citoyens du XXIe siècle qui se lèvent si tôt. Programmée à l’aube, la cérémonie du couronnement a été déplacée à 11h avant d’être intégrée à la première, le jeudi 18 à 21h. Ce cafouillage initial se justifie par la volonté de respecter pleinement le fondement historique des réjouissances veveysannes. En découvrir plus

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Filmer les libérations queer, un dossier France Culture

pink En 1969, les émeutes de Stonewall marquaient une nouvelle ère dans l'affirmation des fiertés des identités LGBT, révolution captée par le cinéma, qui témoigne de l'évolution d'un formidable mouvement de libération. Et sur scène aussi, des artistes comme Justin Shoulder interrogent l'identité queer.

"Il faut rappeler que cette histoire de la représentation des gays, des lesbiennes, des trans, n'a pas commencé récemment ; cette histoire remonte quasiment à la naissance du cinéma. Elle a pris des formes très diverses, parfois militantes très tôt." (Didier Roth-Bettoni)

Intéressons-nous aujourd'hui à à la libération LGBTQI+ au cinéma. Cinquante ans après les émeutes de Stonewall, à New York - moment fondateur du militantisme LGBT -, une exposition, Champs d’amour à l’Hôtel de Ville de Paris, et une rétrospective à la Cinémathèque française reviennent sur 100 ans de lutte, de cinéma arc-en-ciel et de révolutions visuelles.

"Barbara Hammer avait le projet de proposer une esthétique nouvelle, basée sur son identité lesbienne, qui repensait le rapport entre corps et image. Ces identités sont le moteur de luttes politiques et de recherches esthétiques ; en cela Hammer est essentielle dans cette histoire des images." (Stéphane Gérard)

Accéder à l'émission

Photo : "Pink Narcissus", James Bidgood, 1971

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« Le féminisme a sauvé mon cul », par Mauvaise fille, un dossier des Glorieuses

glorieuses Mercredi 10 juillet 2019

Je vais vous parler de mon cul, même si vous ne me connaissez pas. Mon cul n’allait pas bien il y a à peine quelques années, il était malheureux. J’avais beau le sortir dans les plus beaux coins de Paris, le faire danser sur de la salsa et même le parer des plus beaux atours, il n’avait jamais cœur à se faire fesser ou caresser… Il ne s’asseyait plus sur les visages d’hommes avec qui il sympathisait. Mon cul jouait de l’harmonica dans un désert avec un chapeau de cow-boy, mon cul était un solitaire. Aujourd’hui, il sociabilise enfin et tisse des liens avec ceux qu’il choisit alors
qu’auparavant il exigeait plus que ce que les hommes lui donnaient. Mon cul était féministe. 

Aujourd’hui, j’ai 50 ans et ma vie sexuelle n’a jamais été aussi satisfaisante. Les révolutions féministes ont permis aux femmes de s’émanciper, et cette libération concerne aussi le sexe. Je couche régulièrement avec des hommes qui traitent mon cul comme il le mérite.

J’ai la chance de vivre dans le monde dont je rêvais à mes 30 ans, un monde où les culs des femmes sont libres et respectés. Ils ont la possibilité de s’ébattre joyeusement avec d’autres culs sans que leur propriétaire ne se fasse insulter de « salope », dénigrer ou rabaisser. j’ai la chance d’évoluer dans un monde où les hommes comprennent enfin que la respectabilité d’une femme ne dépend pas de ce qu’elle fait de ses fesses, un monde où nous sommes maîtres de nos désirs et aux commandes de notre plaisir.

A l’adolescence, je m’imaginais cette société sans croire
qu’elle puisse exister. À cette période, mon cul avait toujours l’envie de faire connaissance avec les autres, mais mes parents m’avaient appris très tôt que si je voulais être quelqu’un de bien, il fallait le laisser dans mon pantalon, et en fermer la braguette jusqu’au cou. Ils m’avaient souvent répétée que si mon cul avait des requêtes à me soumettre, je devais faire mine de ne pas l’entendre… et il en avait des demandes, mon cul.

En grandissant un peu, libre et indépendante du bon vouloir de mes parents, j’étais censée pouvoir écouter mes désirs, mais ça n’a pas été tout de suite le cas. Il y a 20 ans, le comportement des hommes ne me permettait pas
d’être moi-même, sexuellement parlant. J’aurais pu simplement occulter le fait que de nombreux membres de la gente masculine devenaient vite étranges après le coït, fuyant tout risque de s’enticher d’une femme follement amoureuse. J’aurais pu prendre ce qu’il y avait à prendre sans me poser plus de questions, mais malheureusement je mettais un point d’honneur à la sincérité des relations humaines. J’aurais aimé, à ce moment là, que les plans cul ne soient pas si compliqués à cause des a priori des hommes. Je voulais qu’on attribue à chacune et à chacun, un comportement individuel et non un préjugé lié à un genre. La suite de ce premier épisode

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