Vivons nos temps

10 octobre 2018

On crie, mais à quoi cela sert-il ? Par Rébecca Amsellem, un dossier des Glorieuses

tele Mercredi 10 octobre 2018

Les premières traces d’un homme qui dit à une femme de la fermer sont dans l’Odyssée. Ce n’est autre que Télémaque qui dit à sa mère, Pénélope : « Mère (…), retourne dans tes appartements, reprends tes travaux, ta toile, ta quenouille (…) discourir est l’affaire des hommes, de tous les hommes mais surtout de moi qui détiens le pouvoir dans cette maison » (Mary Beard, Les femmes et le pouvoir : un manifeste, Perrin, 2018). Si nous faisons de la parole des femmes dans l’espace public un événement, c’est bien
parce que nous sommes les dignes héritières d’une culture du silence vieille de la Grèce antique. La parole fut peu à peu installée comme un attribut de la « bonne » virilité comme le dicton latin en atteste : vir bonus dicendi peritus, « un homme de bien qui sait parler ». Plutarque lui-même surenchérit : « Devant des étrangers, tout aussi pudiquement qu’elle se garde d’ôter ses vêtements une femme doit se garder d’exposer sa voix ». La suite du dossier

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En Suisse, des vaches «sacrées» qui fascinent l’Inde

vachesLes Suisses ont ceci de commun avec les Indiens qu’ils vénèrent les vaches, constate un journaliste indien de Swissinfo à Berne, dans un article relayé par Le Courrier international, en collaboration avec Le Temps. Mais les uns et les autres ont des façons très différentes de témoigner leur attachement. Voir l'article

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La «batterie de béton»: le pari d’une start-up tessinoise

batterie Développer le stockage de l’énergie est indispensable à l’essor des énergies vertes comme l’éolien et le solaire. A Biasca, Energy Vault propose une nouvelle solution pour y parvenir, basée sur une technologie simple et économique. 

Nous sommes dans une manufacture abandonnée de la zone industrielle de Biasca, au nord du Tessin, dans les locaux d’Energy Vault. C’est ici, entre les montagnes vertes et un ciel bleu pétant, qu’Andrea Pedretti nous présente une technologie qu’il décrit comme «révolutionnaire» pour le stockage des énergies renouvelables. Elle pourrait faire office d’alternative aux lacs de rétention couplés aux centrales hydroélectriques – qui assurent actuellement 96% de l’entreposage d’électricité dans le monde... La suite

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Notre temps a une furieuse odeur d'années Trente

montee-populisme Si vous êtes juif, musulman, noir, immigré, artiste, chercheur, intellectuel, marginal, cosmopolite, homosexuel ou simplement attaché aux libertés fondamentales, prenez garde, les «hommes forts» au service du «vrai peuple» sont de retour, estime François Cherix, politologue.

"Longtemps, les signes avant-coureurs de la tempête se sont accumulés. On les voyait envahir l’horizon, on pouvait les nommer. D’abord, les cumulus noirs d’un nationalisme renaissant couvrirent le ciel. Puis vinrent les coups de tonnerre des populistes, bretteurs avides de pouvoir. Enfin, le vent mauvais du simplisme brutal souffla sur les têtes. Aujourd’hui, la tempête fait rage. Inimaginable, le Brexit a été voté. Impensable, la présidence Trump est en marche. Incontrôlables, les mouvements extrémistes font l’agenda. Or, les alarmes ne retentissent pas. Parce qu’elle est sur nous, la tempête a disparu des écrans radar. Alors qu’elle se renforce, elle devient progressivement la normalité. Violente, elle a retourné les esprits comme des parapluies. Sans pitié, elle a fait tomber les masques de ceux qui l’admiraient en secret"... La suite

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L’artiste Tom Sachs détourne les sésames rouges à croix blanche

tom Le New-Yorkais a confectionné puis vendu de faux passeports suisses pour dénoncer le caractère superficiel des frontières. Une performance qui n’a pas vraiment ému les internautes helvétiques.

Détourner les symboles, les inventions, jouer avec les images de luxe: l’artiste new-yorkais Tom Sachs en a fait sa marque de fabrique. Après s’être amusé à revisiter les poupées Barbie, les restaurants McDonald’s ou encore l’Apollo 11 et la cérémonie japonaise du thé, le sculpteur-plasticien âgé de 52 ans a tout récemment jeté son dévolu sur les passeports suisses. Dans un élan contestataire, Tom Sachs a conçu de faux papiers rouges à croix blanche avant de brader les précieux sésames pour 20 euros à la Galerie Thaddaeus Ropac de Londres le week-end dernier. L’enjeu? Démontrer que tous les documents d’identité ne sont pas égaux...La suite

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Reporterre 180 - Témoignage Linky ; Scénario climatique effrayant ; Avions au sol ; Humanité destructrice ; Sécheresse

Linky, un ancien installateur raconte : « On nous demandait de mentir au client »

Thierry est électricien. Il a posé des compteurs Linky pour un prestataire de service d’Enedis pendant un an. Entre formation sommaire, prime au rendement et contrôle strict des techniciens, il raconte à Reporterre les coulisses du déploiement du compteur communicant. Lire la suite
Info
Pour les paysans et la nature, la sécheresse n’en finit plus

La France connaît un sévère épisode de sécheresse des sols, en particulier dans l'est du pays, accentué par la répétition d'année en année de ce phénomène. Les éleveurs peinent à nourrir leurs bêtes, les arbres souffrent. Il est urgent de s'adapter. Lire la suite
Info
Non, l’humanité n’a pas toujours détruit l’environnement

L’homme serait-il un destructeur invétéré, ne laissant à la Terre qu’une perspective d’anéantissement ? Les auteurs de cette tribune contestent cette vision fataliste et réductrice, qui ignore la diversité des sociétés humaines et qui légitime « l’idéologie capitaliste dominante ». Lire la suite
Tribune
Pour le climat, il faut arrêter de prendre l’avion

L’aviation est un des secteurs émetteurs de gaz à effet de serre dont la progression est la plus forte. Les auteurs de cette tribune proposent 13 étapes pour un « système de transport juste » et pour une « réduction rapide de l’aviation ». Lire la suite
Tribune
Le scénario qui effraie les climatologues

Le Giec se réunit cette semaine pour étudier les effets qu'aurait un réchauffement de 1,5 °C sur les sociétés humaines. Mais une hypothèse les inquiète encore plus, publiée dans un journal scientifique cet été : la possibilité d'un emballement incontrôlable du système climatique à partir d'un seuil de réchauffement. Qui pourrait être proche de 2 °C. Lire la suite
Info

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Une théorie libérale de la religion. Cécile Laborde "Liberalism’s Religion"

reli Un État libéral doit garantir la liberté de croyance à ses citoyens et rester neutre en matière de religion. Mais le fait-il ? On sait qu’il réglemente l’usage des signes religieux, ou qu’il a tendance à favoriser certains cultes au détriment d’autres. De quel droit s’autorise-t-il ?

"Les États qui affirment aujourd’hui leur vocation « libérale » – c’est-à-dire qui prétendent respecter les libertés individuelles et circonscrire l’autorité publique à l’intérieur des limites qui la rendent légitime – ont des difficultés à régler de manière satisfaisante leurs rapports avec les religions présentes sur leurs territoires. Dans quelle mesure l’État doit-il s’abstenir, dans ses propos comme dans ses actes, de toute référence religieuse ? Jusqu’où et pour quelle raison est-il fondé à interdire ou à réglementer certaines pratiques religieuses ? Dans les cas extrêmes, les choses sont claires. Un État « libéral » ne peut contraindre ses citoyens à professer une croyance ou à respecter les rites d’une confession particulière. C’est ce que les Américains appellent la clause de non-établissement". Voir l'analyse de Jean-Fabien Spitz, professeur émérite de philosophie politique à l’Université Paris 1

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Miguel Abensour : l’émancipation par l’utopie

abensour Miguel Abensour a profondément renouvelé la réflexion sur la démocratie : attentive au désir d’émancipation, sa philosophie politique s’est organisée à partir d’une conception originale de l’utopie qui entend rompre avec la mythologie de la « cité idéale » ou de la « bonne société ».

"Ce qui frappe d’emblée, lorsque l’on jette un coup d’œil rétrospectif à l’œuvre de Miguel Abensour, c’est la grande diversité des thématiques et des auteurs sur lesquels celui-ci travaillait, qu’on ne peut cependant appréhender dans toute sa richesse qu’à condition de prendre en compte la trame d’ensemble qui la sous-tend : que ce soit à propos de sa réflexion sur la démocratie sauvage, de son travail sur le lien entre mélancolie et révolution chez Auguste Blanqui et Walter Benjamin, de son interrogation sur la pensée d’Emmanuel Levinas, notamment à propos du rapport entre éthique et politique, Miguel Abensour se sera toujours efforcé de penser la possibilité de l’émancipation en donnant à l’utopie toute sa valeur, entendue non comme le balbutiement d’un projet révolutionnaire en bonne et due forme, mais dans un lien indissoluble avec la démocratie, comme la forme même de la politique" Voir l'analyse de Nicolas Poirier, docteur en Science politique de l’université Denis Diderot et chercheur rattaché au laboratoire Sophiapol de l’université Paris Ouest

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L’écriture marrane. Philippe Zard "De Shylock à Cinoc. Essai sur les judaïsmes apocryphes"

schylock Tout judaïsme serait-il crypté, secret, apocryphe ? À partir d’un vaste corpus d’œuvres littéraires, Philippe Zard interroge la culture et l’identité juives en accordant une place centrale au doute et à la critique. Il montre aussi comment le message juif rappelle aux devoirs d’une hospitalité mémorielle.

"Commencer de surcroît par deux histoires juives, puisque l’ouvrage de Philippe Zard choisit d’interroger cette culture et cette identité. La première met en scène un Robinson Crusoé juif qui, faisant admirer son île à deux visiteurs, indique deux grandes paillotes qu’il présente comme ses deux synagogues. « Pourquoi deux ? – Il y a celle que je ne fréquente pas. » La seconde a pour cadre un wagon de chemin de fer. Un petit juif y voyage et arrive malade à l’arrivée. À son ami lui demandant pourquoi, il répond qu’il a été obligé de voyager dans le sens contraire de la marche. « Pourquoi n’as-tu pas demandé à la personne en face de changer de place ? – Mais il n’y avait personne en face ! » Les deux intrigues, outre qu’elles ouvrent à un absurde dont on ne sait s’il est libératoire ou aliénant, se rejoignent : elles font advenir un réel creusé, accueillant du vide. Le siège de train non occupé est suffisamment pesant de réalité pour n’être pas disputé, et la synagogue, quoique désertée, exhibe sa légitimité. Dans les deux cas, la vérité admet une absence, accepte une incomplétude, adopte donc une logique du doute dans son fonctionnement. Cette logique du doute, le judaïsme la connaît : une seule loi divine et révélée, mais les tables de la loi données deux fois, les premières ayant été brisées par un Moïse dont le courroux a été brillamment analysé par Freud. La tradition midrashique a voulu que les deux tables fussent conservées ensemble dans l’arche véhiculée par les Hébreux dans le désert"... Voir l'analyse d'Alexis NUSELOVICI (NOUSS) est professeur en littérature générale et comparée à l’Université d’Aix-Marseille après avoir longtemps enseigné à l’étranger

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La diplomatie sociale des multinationales

gafa Alors qu’un traité international sur la responsabilité sociale des multinationales est actuellement en négociation aux Nations Unies, Marieke Louis montre comment les entreprises ont investi les arènes de la gouvernance mondiale et fait ressortir les rapports ambivalents entre États et multinationales.

"Parler de diplomatie des firmes multinationales peut, à première vue, sembler paradoxal. En effet, la diplomatie est communément considérée comme le domaine réservé de l’État. Mais comme l’a bien mis en évidence Susan Strange dans ses travaux pionniers en économie politique internationale, la politique n’est pas (voire n’a jamais été) une activité confinée à ses représentants officiels. Comme bien d’autres organisations non gouvernementales, les entreprises sont devenues des acteurs incontournables dans le façonnement de la diplomatie des États et des institutions de la gouvernance mondiale. Dès lors, en quoi consiste cette activité diplomatique et quelles relations entretiennent, dans ce cadre, les multinationales et les États ? " Voir l'analyse de Marieke Louis, diplômée de l’IEP de Paris et agrégée de sciences économiques et sociales

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