Vivons nos temps

16 septembre 2019

La self-défense mentale, pour esquiver les manipulations

self Flots de sollicitations, injonctions familiales, débats politiques: nous sommes quotidiennement soumis à des pressions. Cette technique aide à retrouver un peu de libre arbitre.

Nous sommes tous manipulés, c’est un fait. Par la publicité, par les politiciens, nos conjoints, nos collègues et même par nos enfants dès le berceau. On nous force la main psychologiquement, sans même que nous en soyons conscients. Mais réalisons-nous que nous sommes tous, à différents niveaux, des manipulateurs? «Penser que nous sommes dans le contrôle est une illusion», assure Bernard Jouvel, coach et hypnothérapeute. «Le libre arbitre n’existe probablement pas.»

Pour cet expert qui a récemment organisé à Lausanne une conférence avec les deux grands spécialistes du sujet Jean Dupré et Kevin Finel, toute forme de communication est une manipulation. Manipuler revient à exercer une influence sur l’autre, souvent en dehors de tout raisonnement. Il y a bien sûr les experts en la matière, particulièrement doués pour trouver – inconsciemment – la faille chez leurs interlocuteurs, et les grands manipulés, qui sont dans le déni de leurs failles. «Ce qui revient à dessiner une flèche pour montrer à l’autre là où il faut taper.» C’est notamment à ces derniers que la self-défense mentale s’adresse.

Comprendre ses peurs fondamentales

Si la self-défense consiste à canaliser sa peur et à faire face à une agression physique, la self-défense mentale propose des techniques pour garder le plus possible sa capacité à faire ses propres choix. Identifier les manipulations, les voir venir, comprendre où se situent nos principaux leviers, afin de baisser notre niveau de suggestibilité.

«Plus je me connais, moins je donne de prise à l’autre. A partir du moment où je sais quelles sont mes failles, je peux mettre en place un mécanisme de défense», explique Bernard Jouvel. «Comprendre ses peurs fondamentales fait partie des démarches primordiales. Car l’émotion est un des principaux leviers de la manipulation, et l’émotion la plus intense est la peur. C’est un indicateur.» Les politiciens étant particulièrement doués dans la technique…

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Ces milliers de milliards d’investissements «fantômes»

dollars Dans une étude, le FMI détaille et condamne l’ampleur de l’évasion et de l’optimisation fiscales. La lutte annoncée contre le phénomène n’a pas donné le résultat escompté.

Près de 40% des investissements directs étrangers (IDE), soit 15 000 sur un total de 40 000 milliards de dollars par année, ne financent pas d’usines ou d’autres activités économiques. Ils n’alimentent pas la croissance, et encore moins la création d’emplois. Ces investissements «fantômes» circulent d’une structure financière de multinationales à une autre et d’un pays à un autre dans un seul but: celui d’échapper au fisc.

L’évasion ou l’optimisation fiscale ne sont pas un nouveau sujet. Des organisations comme Tax Justice Network dénoncent le phénomène depuis plusieurs décennies. Mais désormais, même le Fonds monétaire international (FMI) s’y met. Dans la dernière édition de Finance & Development, sa publication phare, le gendarme de l’économie mondiale expose l’ampleur des investissements «fantômes». Le montant qui échappe au fisc grâce à l’ingénierie financière et à l’usage de coquilles vides représente l’équivalent du produit intérieur brut (PIB) cumulé de la Chine et de l'Allemagne.

85% des investissements «fantômes» dans dix pays

Le FMI souligne aussi que 85% des 15 000 milliards ne se retrouvent concentrés que dans dix paradis fiscaux. Le Luxembourg et les Pays-Bas en accueillent presque la moitié. Le reste est réparti entre Hongkong, les îles Vierges britanniques, les Bermudes, Singapour, les îles Caïmans, la Suisse, l’Irlande et l’île Maurice. En savoir plus

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Et si la qualité sauvait le monde ?

pommes Celui qui définit la philosophie comme une « tentative de tranformation de l’existence », comme « un jeu complexe entre la vie et la théorie », le philosophe Pascal Chabot propose dans son « Traité des libres qualités » qui parait aux PUF une révolution qualitariste.

Une litanie qualitative: celle des voitures, de l’alimentation, de l’air, des soins, de l'enseignement en dit long sur nous et sur nos sociétés. C'est ce que tente de démonter Pascal Chabot dans son Traité des libres qualités qui prône une transition qualitariste. Dans ce texte, la remise en cause des qualités artificielles et de toutes ces démarches qui visent à contrôler l'individu est accompagnée d'une valorisation des qualités sensibles. Le but du qualitarisme serait de faire coexister liberté et qualité. En cela, le qualitarisme est une démarche politique et la seule chose qui importe est la vie et sa qualité.

"La qualité de vie est ce qui nous importe le plus mais c'est une notion relative dont chacun s'empare à sa manière. Cependant il en existe des marqueurs quasi universels comme le plaisir ou le souci de la dignité".            
Pascal Chabot

"Il faut aller voir plus de plus près ce que ce terme devenu une injonction masque. Je crois que la qualité est devenue une nouvelle figure du Bien".            
Pascal Chabot

La qualité, comme le temps, est une notion si large et englobante qu'on peine à la définir. Cependant tout prélèvement est politique et signifiant. Pascal Chabot en appelle au rejet du manichéisme et à la défense d'une vision collective de la qualité. La qualité de vie des uns prospère là où prospère celle de l’autre pour l'auteur car si l’accomplissement était individuel, il faudrait mettre en avant la notion de liberté plutôt que celle de qualité.

"Il y a un je ne sais quoi , un indéfinissable de la qualité, quelque chose qui relève du charme".          
Pascal Chabot

"Souvent ce n'est pas la qualité des produits qui est mise en cause mais leur quantité" .        
Pascal Chabot

La suite sur le site de France Culture

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Comment les arbres discutent dans la forêt

ifs Que ce soit par les airs ou par le sol, pour se nourrir ou se défendre, les arbres échangent sans cesse les uns avec les autres. De nouvelles études documentent leurs étonnantes capacités.

Vous appréciez le silence lors de vos promenades en forêt? Sachez qu’il masque en fait une intense activité! Car les arbres ressentent le monde extérieur, se défendent contre les agresseurs et échangent des messages entre eux par les sols ou par les airs, en particulier en cas de danger. L’univers de la communication végétale commence à peine à être défriché.

Le vent est un grand allié, car il peut transporter des signaux d’alarme d’une plante à l’autre, sous forme de substances volatiles comme l’éthylène. Le cas des acacias de la savane africaine est exemplaire. Dans les années 1980, en Afrique du Sud, des milliers d’antilopes koudous en captivité ont commencé à mourir mystérieusement. Le professeur Wouter Van Hoven de l’Université de Pretoria a démasqué les coupables: il s’agissait des acacias, qui, pour se défendre d’une agression trop importante, enrichissaient leurs feuilles en tanins, des substances amères et toxiques pour les herbivores, lorsqu’elles sont ingérées en trop grande quantité. Il s’est avéré que les acacias attaqués libéraient dans l’air de l’éthylène qui allait alerter les autres acacias de la menace!

Cette découverte a ouvert la piste à une longue série d’études sur les composés organiques volatils émis pas les plantes. Dans son best-seller La Vie secrète des arbres, le forestier allemand Peter Wohlleben raconte que certaines substances volatiles libérées par les plantes leur permettent de réguler leur microclimat pour qu’il soit humide et frais. En apprendre plus

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Ne vous méfiez pas (toujours) des inconnus

cats Au quotidien, on échange rarement avec ceux qui croisent notre route. Pourtant, ces rencontres réservent des moments surprenants d’intimité qu’il serait, selon notre chroniqueuse, dommage de manquer.

"...ombien de silhouettes voit-on défiler chaque jour, rien que sur le chemin du bureau? Cinquante? Cent? Plus encore? Difficile de les compter puisque, en général, on ne les remarque même pas. Parfois, on se demande où ils se rendent, pourquoi cet air rêveur ou chiffonné. Et d’autres fois, plus rares, on échange de brefs moments de grâce.

Les vacances sont particulièrement propices à ces rencontres furtives. Sans doute parce qu’on a le temps, l’âme aventurière ou que les circonstances nous clouent pendant huit heures sur la même banquette. Alors que je suis tout juste rentrée de voyage, en train de nuit qui plus est – génération écolos à tresses oblige –, ces visages sont encore frais dans mon esprit, photos-souvenirs d’un album invisible.

Le regard de cette Croate racontant, dans un wagon brinquebalant, son exil à Zurich dans les années 1990 pour fuir la guerre, à tout juste 23 ans. Ou cette quinqua américaine, dont la fille mannequin s’affiche sur les plus grands billboards de New York, qui m’a demandé si moi, je trouvais du sens à mon travail..."En découvrir plus grâce à Virginie Nussbaum (chroniqueuse au Temps)

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Cerveau de dino, feuilles bleues, crustacé invisible: une semaine de sciences en images/La plus belle photo de nature de l’année

oran Insolites, émouvantes ou à couper le souffle: notre sélection des images scientifiques de la semaine.

Voici la photo qui a remporté le premier prix de l’un des plus prestigieux concours de photographie de nature au monde, le Wildlife Photographer of the Year. Prise par le biologiste Tim Laman, elle montre un orang-outan escaladant un arbre, avec en contrebas une vue panoramique de son milieu naturel, la forêt de Bornéo.

Pour parvenir à prendre ce cliché exceptionnel, le lauréat a fixé des caméras Go Pro à l’aide de cordes et a attendu que l’animal se présente. En voir beaucoup plus

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10 septembre 2019

Reporterre Newsletter n°219

n° 219
 
ENquête

Amazonie : la dépendance française au soja n’est pas une fatalité

Les incendies qui ravagent l’Amazonie sont en grande partie causés par la déforestation destinée à cultiver du soja. Cette légumineuse hypernutritive est massivement importée en France et en Europe pour nourrir volailles, cochons et ruminants. Peut-on (...) Lire la suite

 

Enquête


En pleine sécheresse, le gouvernement fragilise un peu plus les cours d’eau

Alors que 85 départements font l’objet de restrictions d’eau, le gouvernement a publié un décret qui assouplit l’obligation de débit minimal des cours d’eau, fragilisant la vie aquatique de centaines de rivières méditerranéennes. Plutôt que de faire (...) Lire la suite
Portrait

Daniel Pauly, inlassable défenseur des océans

Le biologiste marin Daniel Pauly est la référence scientifique mondiale des pêcheries. À plus de 70 ans, il lutte toujours contre la surpêche et l’épuisement des océans. A l’heure où se tiennent d’importantes négociations sur la haute mer à l’ONU, (...) Lire la suite
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En Côte d’Ivoire, une forêt menacée est devenue une réserve naturelle modèle

Longtemps menacés par l’exploitation forestière et le braconnage, le mont Nimba et la réserve qui l’entoure, en Afrique de l’Ouest, sont aujourd’hui une référence en matière de préservation de la nature, grâce à la volonté des riverains. Une protection (...) Lire la suite
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Mobilisation sur la Loire contre un projet de pont coupant forêt et nature

Près d’Orléans, le chantier de construction d’une déviation routière et d’un nouveau pont sur la Loire se poursuit. De nouveaux déboisements pourraient intervenir dès lundi. Les opposants renforcent leur mobilisation, avec une grande Bulldo’fête prévue (...) Lire la suite

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«Les Particules»: l’énergie sombre de l’adolescence, un film de Blaise Harrison

particules Sous le Pays de Gex, le CERN fait circuler des hadrons à la vitesse de la lumière. A la surface, un adolescent s’interroge sur la réalité du monde. Un film qui lie brillamment l’inquiétude existentielle et la physique quantique.

Vu du ciel, le car scolaire roule dans la nuit et l’on sait, depuis les plans d’ouverture de Shining, que ce genre de trajet sinueux présage des complications existentielles. P. A. (Thomas Daloz) somnole au fond du véhicule, Mérou, son ami d’enfance, le rejoint. Dans le matin glacé, ils arrivent au lycée et font les singes au fond de la classe. Laissant hors champ les adultes (profs, parents, psychologues, flics…), Les Particules propose un remarquable instantané de l’adolescence: bousculades et déconnades, fous rires et cris de bête, expériences hallucinogènes et musicales, teufs et anxiété…En savoir plus

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L’homme qui cuisine la forêt

steph Stefan Wiesner fait de la gastronomie avec de la pierre, de la terre, de la cendre, du bois. Et des fourmis. Surnommé le «sorcier d’Entlebuch», ce chef récompensé de 17 points au Gault et Millau enseignera bientôt sa méthode culinaire dans une nouvelle école de chefs.

Stefan Wiesner tend la main. Une fourmi dodue se débat entre son pouce et son index. «Je n’utilise pas les insectes, seulement l’acide formique» explique-t-il. Pour récolter cette précieuse substance, il effleure le sommet d’une fourmilière avec un chiffon. Les bêtes à six pattes s’affolent, sécrètent un liquide d’une «magnifique acidité», comparable au citron, qui servira à parfumer une sauce ou un dessert.

Le chef range soigneusement le bout de tissu imbibé et poursuit son chemin dans la forêt, son chien Lévi, un truffier, sur les talons. C’est là, dans cette région de sapins et de marécages protégée par l’Unesco, que le cuisinier lucernois puise les ingrédients de sa cuisine, qui attire des gourmets loin à la ronde dans l’Entlebuch lucernois.

Dénicheur des sous-bois

De son enfance, Stefan Wiesner a gardé le regard espiègle, la curiosité et l’envie d’explorer le monde avec ses sens. Qui, petit, n’a jamais porté de la terre, une feuille d’arbre ou pour les plus intrépides une limace à la bouche? De cette quête initiatrice de sensations, le chef a fait un art. Dans les sous-bois qu’il arpente sans relâche, il ne trouve pas seulement des herbes et des baies. Il déniche une variété infinie de mousses et de lichen. Des épines de sapin qui lui serviront à fumer une viande. Des pierres qu’il laissera infuser dans une soupe. Les arbres n’ont plus de secret pour lui, il se sert des essences de mélèze pour parfumer des plats, transforme la sève de bouleau en sauce raffinée, ou mêle la cendre d’écorce brûlée à de la farine pour fabriquer du pain. Bois, tourbe, foin, fougères: tout ce qu’offre la forêt trouve sa place dans le laboratoire du chef lucernois. En découvrir plus avec le Temps

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Quatre malentendus nietzschéens : "Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou"

niestzsche Le philosophe Friedrich Nietzsche est célèbre pour ses aphorismes et ses courtes phrases percutantes. Aujourd'hui utilisées à tort et à travers comme slogans, mantras personnels, éléments de langage, que signifient-elles vraiment ?

Ce n'est pas l'hésitation, l'incertitude, l'indécision, qui conduit à la folie, c'est de trop savoir, ou de trop croire qu'on sait, d'être sûr de savoir au point de ne plus douter du tout...
Bref, comme le dit Nietzsche, ce n'est pas le doute, c'est la certitude qui rend fou.
Le philosophe appelle-t-il alors à renoncer à la recherche de toute certitude ? Dans quelle mesure dessine-t-il plutôt les voies d'une nouvelle recherche philosophique ?

L'invité du jour : Dorian Astor, philosophe et germaniste, spécialiste de Nietzsche

La philosophie est-elle une affaire de certitude ?

"La philosophie est une affaire de désir de vérité, de besoin de vérité. Nietzsche aura toujours à cœur d’interroger ce qui n’est pas interrogé par les philosophes dans leur démarche. Il y a un soupçon fondamental qu’on appellerait aujourd’hui "l’impensé des philosophes". C’est la démarche critique de Nietzsche".    
Dorian Astor

Philosophie et folie, un lien originel ?

"Il y aussi une dimension plus mystérieuse à la philosophie, ce lien à la folie… Quand on regarde l’origine de la philosophie grecque et notamment à Delphes avec la Pythie, la dimension oraculaire du savoir : au temple de Delphes il y a ces deux préceptes, "Connais-toi toi-même" et "Rien de trop", les départs de la philosophie grecque, au fond la Pythie et le savoir oraculaire se donnent dans la transe, dans un accès de folie… Cette mantique, Nietzsche la travaillera dès sa première œuvre avec cette notion de dionysiaque : que fait à l’homme la contemplation de la vérité nue une fois le voile de l’illusion levé ? Nietzsche a remis en cause cette partition entre le fond des choses, et le monde des apparences".    
Dorian Astor

Le rapport animal à la connaissance

"Dans "Le Gai Savoir", Nietzsche parle des « dangereux peut-être » qui constituent le moteur de la recherche philosophique. Précisément parce que l’incertitude ou l’absence de réponse rend fou l’animal humain. Il faut combler cette ignorance, et ce que dit Nietzsche, c’est que la connaissance est une conséquence de la protection : le premier moteur de la connaissance c’est la crainte (de ne pas savoir, du lendemain...). On veut connaître parce qu’on a peur. Nietzsche travaille beaucoup sur la notion de crainte. Il dit qu’elle est le premier moteur de la connaissance, et que le deuxième est celui de la volonté de maîtrise. Connaître c’est s’approprier le monde de telle sorte que ce soit un rapport viable au milieu qu’est le monde. Cette viabilité passe par des falsifications qui font que notre point de vue sur le monde est toujours utilitariste, jusqu’à la logique, jusqu’aux sciences. Il y va de la survie psychique, l’homme est un animal inquiet de son destin, et la religion est l’exemple même d’une vérité destinée à apaiser la crainte".   
Dorian Astor

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