campus Le blocage des universités est accusé de n’être qu’un désordre public, organisé par des militants rompus à l’exercice. J. Le Mazier montre pourquoi ce jugement ne reflète pas ce qui se passe sur les campus. Le printemps 2018 voit monter la contestation de la loi « relative à l’orientation et à la réussite des étudiants » (ORE), accusée d’instaurer la sélection à l’entrée de l’université, et d’une série de réformes corrélées, du lycée, du baccaluaréat et de la licence, qui multiplient les parcours « à la carte » et risquent d’aggraver la ségrégation sociale entre les filières. Des personnels des universités refusent de classer les élèves qui ont candidaté sur la plateforme Parcoursup, font la grève des cours et des examens. Des étudiants réactivent quant à eux des modes d’action déjà utilisés ces dernières décennies : assemblées générales (AG), grèves avec piquets, blocages, voire occupation de locaux... L'analyse de Julie Le Mazier, docteure en science politique associée au CESSP