billets Pour n’importe quel esprit rationnel comme celui de notre chroniqueur, cette affaire sent un petit peu l’arnaque.

Le crédit est un concept assez simple. Bernard veut s’acheter une maison, la maison coûte un million, Bernard ne l’a pas. Il demande à Paul de lui prêter le million, qu’il s’engage à lui rendre dans dix ans. Bernard pouvant faire une mauvaise grippe et les largesses de Paul méritant salaire, Bernard rendra le million avec un petit supplément, exprimé en pourcentage du million avancé.

Remplacez Bernard par un gouvernement ou n’importe quel acteur économique, remplacez la maison par ce qu’il vous plaira et Paul par qui vous voudrez, vous obtiendrez le fonctionnement du monde. Je vous l’ai dit, le crédit est un concept assez simple. Mais ça, c’était avant.

On se méfie…

Avant quoi? Avant la terra incognita post-postmoderne, le triangle des Bermudes de la théorie économique: les taux négatifs. Désormais, Paul paie Bernard pour qu’il accepte son million. Le petit supplément change de sens. Ainsi en ont décidé les politiques monétaires dans le fol espoir de faire repartir la machine. A partir de maintenant et jusqu’à Dieu sait quand, emprunter rapporte, dépenser est une sagesse, épargner une folie.

Pour n’importe quel esprit rationnel, l’affaire sent un petit peu l’arnaque. Honnêtement, si un type vous arrête dans la rue en vous offrant les 10 francs qu’il tient dans la main droite pour accepter les 100 qu’il vous prête de la main gauche… vous vous méfiez. Surtout en Suisse, où l’expression «un sou est un sou» pourrait figurer au frontispice du Bernerhof, QG fédéral du sérieux budgétaire. Découvrez la chronique d'Alexis Favre, producteur d'«Infrarouge» (RTS) et chroniqueur au Temps