bonjour La trêve estivale s’essouffle. On ramasse ses affaires, on replie sa tente, on entasse dans ses valises ses affaires d’été, et on se prépare à rejoindre sa ville, sa résidence et à reprendre ses habitudes.

On sait que cette rentrée-là sera morose. Trop d’indignations ont ébranlé la France depuis un an, depuis le mouvement des Gilets jaunes. La braderie de notre agriculture, notre santé bien souffrante, notre vieillesse qui devrait être honorée abandonnée, le coût de plus en plus élevé de la scolarité de nos enfants, le taux (véritable) du chômage encore trop élevé, les dérapages (graves) de notre police nationale, l’absence d’écoute des élus nationaux (comme ces députés de la majorité qui se refusent à rencontrer les agriculteurs), effectivement, cette rentrée-là risque d’être morose.

Nous avons vu s’installer un processus d’acceptation, sans trop savoir comment le contrecarrer, après avoir vu des « évidences » nouvelles s’imposer, comme par exemple le fait que les entreprises privées seraient évidemment plus performantes, innovantes, intelligemment gérées que les entreprises publiques (la privatisation d’ADP, de la Française des Jeux...). Ou que toute réglementation, tout choix collectif, toute contrainte politique feraient obstacle à l’ « autorégulation » des marchés et créeraient des effets pervers quelles que soient leurs bonnes intentions (saviez-vous que la dette étudiante américaine s’élève à plus de1300 milliards de dollars, que celle des étudiants anglais s’élève quant à elle à 200 milliards de livres, donc la prochaine crise financière viendra de là!).

Sans omettre la grave crise écologique que nous traversons (la planète entière brûle) !

Pas de quoi mettre en joie !

Face à l’urgence, nous ne pouvons pas nous permettre quoi que ce soit d’autre qu’apprendre à penser (je rappellerai que réfléchir c’est perdre du temps pour en gagner) contre la tentation de laisser le sentiment de l’urgence nous dominer. Et aussi répondre à ces questions « Comment réussir à créer des protections que nécessite le milieu empoisonné dans lequel nous vivons tous ? » « Qu’est-ce qui nous protège contre la vulnérabilité dont l’ennemi commun n’a cessé de profiter ? »

Alors, peut-être que le cri entendu à Seattle le 30 novembre 1999 Un autre monde est possible sera enfin repris par l’ensemble des femmes et des hommes, celles et ceux qui forment ensemble l’humanité !

Le monde va mal certes, mais l’histoire n’est pas terminée pour autant. C’est déjà pas si mal !

Photo : tous contre la morosité