claire Ce couple d’artistes lausannois signe des spectacles qui sont des odyssées, salués partout en Europe. Paroles de deux fortes têtes qui s’ensorcellent.

Ils vous font chanter, c’est leur distinction, leur clavier intempérant. Les Lausannois Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre sont des diables du transport. Les bagagistes de nos âmes. En février, ce couple au long cours a fait fureur avec ses Italiens, joués à guichets fermés au Théâtre de Vidy.

Le coup était magistral, le tissu même de la vie transformé en habits de fête. Sur scène, des Italiens ébaudis sous la patine de l’âge, établis en Suisse depuis un demi-siècle pour certains, racontaient leur arrivée en terre helvète. Les douaniers qui coincent, les autochtones qui tiquent, la Fiat 500 qui fait la maligne. Le parfum de notre histoire, tubes d’époque en prime. En filigrane aussi, les racines de Massimo.

Le théâtre prend cette dimension-là, chez eux: il est éloge de l’hospitalité. Massimo et Claire vous accueillent à Lausanne dans un loft vaste comme le Château des songes. Ils vous enveloppent d’une clarté de pudique. On s’assied devant le café qui embaume sur la table. Et on admire le décor. Pas de cloisons. Mais des piles de livres çà et là – autant de fontaines – un baby-foot sous lequel languit un gros chat, le lit parental tout au fond et partout des vestiges de merveilles, les lambeaux de leurs pièces, comme au pays d’Alice.

Le monde comme scène

C’est de cet atelier, de cette enclave corsaire que tout part, raconte le couple à présent: les équipées avec leurs trois enfants, les projets de spectacles-odyssées, ce périple nocturne à travers bois par exemple, en train d’abord, à pied ensuite, avec fanfare au clair de lune et esprits frappeurs au milieu de la clairière – The Wind in The Woods, dans les forêts du Gros-de-Vaud. En apprendre grâce au Temps