infos Les médias sont souvent accusés d’être anxiogènes, et la crise du climat n’arrange rien. Pourtant, l’information positive progresse.

«Cela fait vingt ans que je propose de l’information positive. Le journalisme débusque les problèmes mais doit aussi montrer des pistes, apporter des solutions. Par le passé, on me riait au nez. C’est très bizarre, tout le monde s’y met mais en Suisse c’est l’omerta, la paralysie, l’immobilisme…»

Isabelle Alexandrine Bourgeois a sa carte de presse depuis plus de vingt-cinq ans et a roulé sa bosse dans plusieurs médias de Suisse romande. Mais sa grande fierté est d’avoir, dans ses différents sites internet (le dernier en date se nommant Joyfortheplanet), promu une information positive à une époque où on n’avait pas encore inventé le «journalisme de solution», ce pan du journalisme qui met en valeur des initiatives locales, des héros ordinaires, ou des événements qui contribuent à rendre le monde un peu moins laid et un peu plus supportable.

«Le plus beau métier du monde peut se mettre au service du progrès humain»

La Société genevoise d’utilité publique lui a même décerné un prix en 2018 pour son engagement humaniste, un prix qui distingue des personnes qui, modestement et discrètement, ont pendant des années accompli ce qu’elles considéraient comme leur devoir envers elles-mêmes et leur prochain, sans en attendre de récompense. «Il faut rétablir un équilibre. Le plus beau métier du monde peut se mettre au service du progrès humain. La relève est là, les nouvelles générations sont plus conscientes que les anciennes de l’importance de la collectivité, et du service à l’autre. Pour elles, une nouvelle peut aussi être une bonne nouvelle.» La pionnière a même eu l’occasion de défendre sa vision d’un traitement positif de l’actualité devant des étudiants du Centre romand de formation des journalistes, il y a quelques années.

Les médias locaux ou régionaux connaissent depuis longtemps les bienfaits des informations positives auprès de leurs lecteurs: elles fidélisent en montrant un monde qui peut être bon, et elles renforcent le sentiment d’appartenance. De nombreux médias nationaux se sont mis à leur tour à diffuser davantage de bonnes nouvelles ces dernières années. Le Guardian propose sur son site depuis plus d’un an la page The Upside qui regroupe ses articles montrant une humanité inventive, pleine de ressources et qui collabore – un monde réel et industrieux, très loin des bons sentiments dégoulinants auxquels le «journalisme de solution» a parfois été assimilé. Voir l'enquête du Temps