climat Investissement socialement responsable, obligations vertes, agences de notation extra-financières : depuis quelques années, la « finance climat » se développe. Sans implication des États, ses outils suffiront-ils à financer la transition vers une économie mondiale neutre en carbone ?

Le réchauffement climatique est aujourd’hui devenu un défi majeur pour nos sociétés. Selon l’Organisation météorologique mondiale, les trois dernières années ont été les « plus chaudes jamais enregistrées » et le rythme du réchauffement climatique est « exceptionnel » pour les Nations Unies. Selon l’Institute For Climate Economics, les émissions de gaz à effet de serre ont crû de 70 % depuis 1970. Et les perspectives sont peu réjouissantes : parmi 4 scénarios envisagés par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), seul le plus optimiste évalue à plus d’une chance sur deux que l’augmentation de la température mondiale ne dépasse pas 2 degrés en 2100.

Il est admis que les gaz à effet de serre ne pourront être réduits si l’ensemble des acteurs politiques, économiques et citoyens, ne s’unissent pas. La très ambitieuse COP 21 l’a parfaitement illustré. En effet, la participation à cette conférence de nombreuses entreprises, banques et membres de la société civile ainsi que les engagements pris par les États, ont mis en exergue la nécessité d’une approche collective. Dans un système porté par des mouvements de capitaux croissants, la finance, au sens large, définie comme « l’ensemble des activités qui rendent possible et organisent le financement des agents économiques », est un moyen incontournable pour réaliser les objectifs ambitieux que se sont fixés les 196 délégations réunies à Paris à la fin de l’année 2015. Les acteurs gouvernementaux et économiques ont appelé ces dernières années « finance climat » cette partie de la finance dont l’un des objectifs est de contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Voir l'analyse de Sébastien Duchêne, chercheur postdoctoral pour le projet international « Behavioral and Experimental Analyzes on Macro-Finance » à l’Université Côte d’Azur et au GREDEG