océan Etonnamment légère, une pierre sombre et granuleuse de la taille d’une pomme de terre passe de main en main. «Cette roche appelée nodule polymétallique est âgée de 4 à 5 millions d’années et elle a été récoltée à 4000 mètres de profondeur dans le Pacifique», indique Gerard Barron, directeur général de DeepGreen Metals. Il participait à une table ronde sur l’exploitation minière des profondeurs, organisée dans le cadre de la Conférence mondiale des journalistes scientifiques, qui s’est tenue du 1er au 5 juillet à Lausanne.

DeepGreen Metals est une compagnie minière canadienne qui ambitionne de créer des mines de nodules métalliques dans les fonds des océans. Et pour cause: ces roches sont de véritables bombes de métaux de valeur, tels que cobalt, cuivre, manganèse et nickel, qui entrent notamment dans la composition des batteries de voitures électriques et des turbines d’éoliennes. Mais l’impact écologique d’une telle exploitation, dans un environnement pour l’heure préservé de toute activité humaine, inquiète la communauté scientifique.

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L’idée de tirer parti des ressources minérales des fonds marins peut faire penser à un serpent de mer: elle refait régulièrement surface depuis les années 1970. Mais l’enjeu paraît désormais stratégique. «Il y a de plus en plus d’intérêt commercial pour ce type d’exploitation», assure Katie Ellis, porte-parole de l’Autorité internationale des fonds marins (ISA). Cet organisme onusien créé en 1994 a justement pour mission de régler l’accès aux richesses des sols marins situés hors de la juridiction des Etats. En apprendre plus avec le Temps