jane Dans le cadre capitaliste et patriarcal de la société, l’attention portée à l’écologie est périphérique. Dans cet entretien, la journaliste Jade Lindgaard explique comment, selon elle, raconter le monde, notamment les luttes ancrées au sol, permet de le comprendre et de s’engager pour qu’il change.

Reporterre — Durant votre enfance, dans les années 1970 et 1980, quel rapport entreteniez-vous avec l’écologie ?

Jade Lindgaard — J’ai passé mon enfance dans un immeuble du 15e arrondissement de Paris, dans un imaginaire totalement urbain, industriel, en « toc ». Dans la chambre que je partageais avec ma petite sœur, on avait une moquette synthétique et un Sacco [un pouf inventé en 1968] orange vif percé d’où s’écoulaient plein de petites boules de plastique blanc.

Dans la grande surface où nous allions faire les courses, tout était sous emballage plastique. On mangeait de la purée Mousline. Un jour, ma mère est rentrée du travail avec un truc incroyablement moderne, un sachet de salade sous plastique. Sa grande vertu : on pouvait la manger directement, sans avoir à la laver.

Je passais beaucoup de temps devant la télé, complètement fascinée par New York. Quand je voyais les tours de Beaugrenelle depuis ma fenêtre, je m’imaginais aux États-Unis. J’ai aussi été scout et on partait régulièrement camper dans la nature. Mais, cela représentait plutôt pour moi dormir à plusieurs sous une tente, la vie en collectivité, les jeux de piste, l’Opinel, plutôt que les arbres, les champs ou les insectes.

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