sz En ce 02 juin, c’est un dimanche brûlant d’été qui m’attend à Sorèze, une canicule soudaine, sans un souffle de vent, où les hirondelles se terrent dans leurs nids fixés sous les toits de la ville. Mais je dois vaincre la fournaise. J’ai un rendez-vous. Un rendez-vous avec un personnage hors du commun, hors du temps devrais-je dire. Celui dont le musée où je me rends porte le nom : Dom Robert.

Dans la fraîcheur des murs de l’abbaye, «  l’entretien » peut débuter. Sont proposés à mon regard les cartons destinés aux liciers, tout le bestiaire de Dom Robert est là : des coqs, des moutons, des oiseaux, des lions ; son histoire qui est déroulée tout le long de ma promenade-découverte, les tapisseries réalisées par l’atelier d’Aubusson, la rencontre avec Lurçat. Je remonte le temps sur un siècle. Mais je n’ai pu percer le mystère Dom Robert, car cet homme, cet artiste, porté à la fois par son désir de servir Dieu et de servir l’art de la tapisserie est un mystère. Et je n’ai pu que l’entre-percevoir.

Ma déambulation dans la vieille ville m’emmena vers d’autres découvertes. Sur la circulation piétonnière se trouvaient différends stands , des artistes, des bouquinistes, une auteure. Cette dernière, à l’abri de titres déjà parus, occupée dans ses pensées, probablement à la recherche de la nouvelle trame de son prochain roman, je suis saisi par l’audace de la rappeler à la réalité. De notre entretien fort courtois, Rosie Guilhem, c’est son nom, m’apprend, qu’avec l’appui d’un professeur d’histoire, elle construit ses récits. Récits chevaleresques, sur fond de magie, d’ésotérisme. Des histoires historiques accessibles à tous, de 5 à 100 ans. Le souffle de l’Histoire au service de belles histoires.

Une autre rencontre : Marie Calvayrac, créatrice de doudous pour adultes. Des doudous pour adultes !? Mais oui. Ce n’est pas banal. Ils étaient là, bien en vu, en habits de belle facture, aux douces couleurs, aux « bouilles » enjouées, pour hisser toujours plus haut un moral en berne. Il se trouvait aussi, sur l’étal de cette magicienne, des œufs, oui mais des œufs de Noël, que j'ai confondu avec ceux de Fabergé, tellement la minutie du travail, la capeline de ciel étoilé qu’ils portaient lui rendaient un bel hommage.

Bien sûr, Marie Calvayrac propose beaucoup d’autres créations originales, une créatrice au coeur d’enfant jamais rassasié.

C’était une journée à Sorèze, une odyssée, un rêve aux mille heureuses rencontres.

Pour joindre Marie mariecalvayrac@orange.fr