web Dans l’exposition «The Dead Web - La fin», huit artistes figurent la chute – et la fin – d’internet. Elle est en tête d’affiche de la 15e édition du Mapping Festival, qui s’ouvre ce jeudi à Genève.

Imaginez: un monde sans internet. En 1994, alors que le web n’a que 5 ans, un essai intitulé Pandora’s Vox l’envisageait déjà. Prophétique, l’auteure Carmen Hermosillo anticipait un âge où l’intelligence collective détournait le réseau à des fins mercantiles. Gangrené par la surveillance des Etats, exploité par des entreprises aux pouvoirs tentaculaires, démantelé à des fins politiques, le web laissait derrière lui des carcasses vides de serveurs informatiques. Des pistes exploratoires dans lesquelles plonge, à son tour, l’exposition The Dead Web – La fin, tête d’affiche de la 15e édition du Mapping Festival, consacré aux arts numériques, à partir du 23 mai à Genève.

Comme la perte d'un proche

A travers cette exposition à voir jusqu’au 2 juin, le grand raout célèbre donc le 30e anniversaire du web en l’enterrant. Ou plutôt en figurant cet au-delà numérique. «Dans l’imaginaire collectif, internet est un acquis. Au fil du temps, nous avons développé un rapport très émotif avec ce réseau qui nous connaît mieux que nous-mêmes. Pour plusieurs, la mort d’internet aurait potentiellement le même effet que la perte d’un proche.» A Montréal, Nathalie Bachand a été commissaire de l’exposition, coproduite avec l’organisme québécois Molior pour sa diffusion internationale. The Dead Web – La fin réunit huit propositions artistiques sur la chute des internets, en évitant l’écueil de présenter des œuvres exclusivement technologiques.

«Il y a de la sculpture, de la peinture à l’huile. Le mélange des diverses pratiques artistiques instaure un dialogue intéressant», poursuit Nathalie Bachand. L’exposition matérialise l’immatériel. Elle joue avec le temps dans toutes ses dimensions. Certaines œuvres parlent d’obsolescence, d’autres, à l’inverse, d’immortalité des contenus. En savoir plus