noise Alex Preda propose une ethnographie des nouvelles pratiques des traders amateurs dans le cadre de clubs de trading ou par le biais de plateformes électroniques. Il démontre notamment que cette activité d’apparence mineure permet de pérenniser le système financier.

Avec Noise, Alex Preda fait l’ethnographie des traders amateurs, ces individus qui effectuent des transactions sur les marchés boursiers pour leur compte propre et non dans le cadre d’un travail salarié, et dont les opérations sont en outre quotidiennes ou presque, par opposition aux investisseurs particuliers dont les opérations sont plus rares. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, il est rare de gagner durablement des montants conséquents en s’adonnant au boursicotage en ligne ; c’est le contraire qui prévaut. Après un aperçu des innovations techniques ayant rendu possible l’émergence de la forme moderne du boursicotage, A. Preda s’attache donc aux formes que prend la vie sociale sur les marchés électroniques pour expliquer que, malgré son irrationalité économique, le trading en ligne perdure.

La montée en puissance du trading amateur

Noise raconte l’histoire récente du trading amateur, avatar du boursicotage à l’heure de l’informatisation des marchés financiers et du triomphe de l’industrie financière dans l’économie mondiale. Malgré de courtes remarques sur les modifications réglementaires touchant les produits accessibles aux traders particuliers, sur les conditions financières exigées pour la participation aux marchés à terme, sur l’usage de l’effet de levier, ou sur la fiscalité, c’est le versant technologique qui est plus développé. Noise montre des acteurs sociaux qui réagissent aux opportunités que leur ouvrent de nouvelles technologies, en fonction de leurs capacités personnelles et de leurs capitaux. Voir l'analyse de Pierre de Larminat, docteur en sociologie de l’Université de Reims-Champagne-Ardenne, Pierre de Larminat a étudié les pratiques de gestion de l’incertitude dans les professions financières