aide L’aide internationale ne se réduit pas au financement du développement. À partir d’enquêtes menées auprès des populations concernées, un recueil dévoile la réalité concrète des institutions et des professionnels qui mettent en œuvre les politiques de développement dans des contextes variés.

Depuis le début des années 1980, les anthropologues ont joué un rôle important dans l’essor des études de sciences sociales consacrées à l’aide au développement. Ce que l’on nomme la « socio-anthropologie du développement » constitue aujourd’hui un courant de recherche bien établi, en France comme à l’étranger. Ses chercheurs s’intéressent tout particulièrement aux conditions sociales de mise en œuvre de l’aide internationale dans les pays à faible revenu (pays dépendants d’une assistance externe). Ils privilégient l’observation de terrain, au contact direct des acteurs locaux considérés dans leur grande diversité. Ils rejettent explicitement les jugements de valeur et les conceptions idéologiques qui saturent les institutions du développement. Ils n’hésitent pas à porter un regard critique sur les approches excessivement techniques conçues par les experts des agences internationales, le plus souvent à partir de savoirs économiques et statistiques qui valorisent des critères universels forgés dans les universités du Nord… et qui ignorent souvent les réalités complexes du terrain. Ce faisant, les anthropologues ont considérablement amélioré notre compréhension des pratiques concrètes de l’aide. Leurs travaux montrent l’importance du tissu des relations sociales et communautaires au niveau des projets et des institutions locales. Ils insistent sur le poids des codes sociaux, culturels ou professionnels propres à chaque contexte d’intervention.

Voir l'analyse d'Olivier Nay, professeur de science politique à l’Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne. Il est membre du Centre européen de sociologie et science politique (CESSP) et responsable du Master « Développement et action humanitaire » de l’Université Paris 1