libraire A Genève, le Salon du livre ouvre ses portes en ce moment. Alors que les ventes continuent de s'affaisser en France, le marché romand reste stable. Mais ce secteur vit de profondes mutations.

On a tellement tiré la sonnette d’alarme que les signes d’embellie sont toujours accueillis le sourcil en circonflexe, et nul ne peut assurer que c’est bien un optimisme prudent qui soufflera dans les travées de Palexpo, où s’ouvre ce mercredi le Salon du livre, 33e du nom, sous les auspices prometteurs des écrivains Lydie Salvayre et Eric Fottorino. Les métiers d’éditeur, de diffuseur, de libraire, pour ne rien dire de celui d’écrivain, sont par nature faits de précarité, de paris pris sur le public et de risques financiers endossés pour l’amour d’une belle phrase. Mais, tout de même. Il semblerait que le marché du livre ne se porte pas si mal en Suisse romande ces temps.

Une litote en forme de bravade, quand les taux de change pénalisent le livre depuis dix ans, qu’Amazon conclut des accords avec La Poste, que Netflix emporte tout sur son passage et que les réseaux sociaux saturent nos téléphones: les livres sont attaqués de toutes parts. Et pourtant. «A périmètre constant, et donc sans compter la librairie de Morges, ouverte début 2018, notre chiffre d’affaires a progressé de 3% en 2018, confirme ainsi Pascal Vandenberghe, le directeur de Payot, plus grand réseau romand de librairies. L’établissement de Morges a déjà dépassé ses objectifs. Et la progression atteint 13% pour notre site web.» La suite