bateau La navigation dans l’Indien et le Pacifique sud ne ressemble à aucune autre. Systèmes météo dépressionnaires, isolement, glaces, tout dans ce désert maritime rend les conditions extrêmes. Les marins en reviennent différents.

our les terriens, il est insaisissable. Il faut le voir pour savoir, le vivre pour le décrire. Quarantièmes rugissants, cinquantièmes hurlants, leur simple évocation fait frémir. Le Grand Sud suscite la fascination, nourrit les peurs et véhicule les récits les plus fous. Théâtre de drames dont certains ne sont jamais revenus, il vous change un marin.

«Un système météo différent tous les 2-3 jours»

«J’avais entendu pas mal de choses sur le Grand Sud. Ce que j’ai vécu pour l’instant dans l’océan Indien, c’est une mer très croisée et puissante. Les vagues sont très hautes, ça déferle», raconte Alan Roura, joint mardi par téléphone, alors qu’il s’apprêtait à franchir le cap Leeuwin, au sud de l’Australie. A 23 ans, le seul Suisse engagé dans le Vendée Globe vit sa première expérience de navigation dans ces zones-là. Même s’il a bourlingué depuis tout petit sur presque toutes les mers, il ne s’était jamais aventuré aussi bas. «Ici, les fronts et les dépressions s’enchaînent, poursuit-il. On a un système météo différent tous les 2-3 jours. Le but est de se caler sur un front et de partir avec, mais ce n’est pas toujours évident, car parfois il est plus rapide que nous. J’ai eu des vagues de 10 mètres. C’est impossible d’aller vite là-dedans.» Voir les témoignages