conso Il n’y a pas de salut à espérer pour notre système consumériste dans une croissance continue. C’est parfaitement illusoire sur une planète unique aux ressources finies, estime le biologiste Michel P. Blanc. Des solutions existent pourtant pour consommer différemment.

Chaque jour nous apporte son lot d’évidences scientifiques convergentes illustrant les atteintes irrémédiables à la biosphère depuis l’avènement de l’anthropocène. En effet, nul ne peut honnêtement l’ignorer, la situation est désastreuse sur les fronts du climat, de l’environnement et de la sécurité alimentaire. Nous sommes donc exposés à une cacophonie de survivalistes, catastrophistes, collapsologues, idéalistes, utopistes, sans vraie considération pour l’éventualité d’une succession d’étapes. C’est pourtant ce que l’on peut proposer aujourd’hui: réconcilier les voix qui préparent l’avenir et celles qui ont intégré l’inéluctable effondrement préalable.

Le futur proche nous promet des déplacements de populations majeurs, en raison de l’absence de perspectives dans un monde de plus en plus polarisé par l’épuisement ou le détournement des ressources (eau, sols, pêche), par la corruption, les dictatures et les mensonges du populisme qui s’en nourrissent. Car enfin, de quel droit refuser aux peuples défavorisés l’aspiration à notre qualité de vie occidentale, quand celle-ci a justement été bâtie sur l’exploitation des ressources du Sud? Dans un monde progressivement fragilisé, un rien suffira pour que s’effondre un système profondément déséquilibré... La suite de ce dossier