cygne Venise, plaque tournante du commerce, capitale des étoffes brillantes et des courtisanes… À travers la mythologie ou la religion, peintres et sculpteurs rivalisent de sensualité. Au Palais Fesch, à Ajaccio, tout l’érotisme de l’époque surgit à travers Léda et le cygne, peints par Paul Véronèse (1528-1588)…

Léda, épouse du roi de Sparte Tyndare, se baignait un beau jour dans le fleuve Euratos. Le bouillant Zeus la vit : il la voulut. Pour s’en approcher, il se métamorphosa en cygne, tandis que sa complice Aphrodite se changeait en aigle pour faire semblant de le poursuivre. Léda sauva le beau cygne en le prenant dans ses bras ; Zeus, invétéré coquin, en profita pour s’unir à elle avec force. Mais Léda, nous rapporte le poète, avait aimé son époux le jour-même. De ces amours diverses, quatre jumeaux naquirent, chacun d’un oeuf : Castor et Pollux, et Hélène (de Troie, la fameuse) et Clytemnestre.

Le mythe sensuel de Léda et le cygne inspirera peintres et sculpteurs tout au long de l’Histoire de l’art. Paul Véronèse (1528-1588) nous en livre une version blonde et sensuelle… Véritable prétexte au triomphe érotique, l’anecdote mythologique n’a plus rien de contre-nature ou de monstrueux… Elle devient au contraire une scène d’amour sensuel. Dans les pas d'Elsa

Illustration : Paul Véronèse, Léda et le cygne © Palais Fesch, Ajaccio