ours Amir Khalil, un vétérinaire austro-égyptien, raconte l'évacuation rocambolesque des deux derniers animaux rescapés du zoo de Mossoul, la capitale de l'Etat islamique assiégée depuis des mois par l'armée irakienne.

Vétérinaire de guerre: la profession d’Amir Khalil n’est pas commune. Sa dernière mission encore moins. Ce quinquagénaire austro-égyptien a réussi à évacuer un lion et un ours du zoo ravagé de Mossoul, la seconde ville d’Irak. L’armée irakienne y assiège les derniers djihadistes de l’Etat islamique et des dizaines de milliers de civils pris au piège.

«Peut-être que je suis fou», rigole le vétérinaire sans frontières au téléphone. Il vient de rentrer à Vienne au terme de la mission «la plus difficile» de sa carrière.  La capitale autrichienne abrite le siège de «Quatre Pattes», une association qui a aussi une antenne en Suisse et qui milite pour l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques.

Alors que la ville irakienne est à feu et à sang, le vétérinaire défend becs et ongles le bien fondé de son action. «A Mossoul, la situation humanitaire est terrible, reconnaît-il. Chacun a perdu au moins un proche dans les combats. Les maisons sont détruites. Les gens avaient d’autres priorités que de sauver les deux derniers animaux rescapés du zoo. Nous devions nous en occuper.» Il estime le coût de l’opération à 70 000 euros. «Cela a aussi bénéficié à la population, car nous avons engagé plusieurs habitants pour nous aider et avons acheté de la nourriture sur place», plaide-t-il. La suite de ce sauvetage exemplaire