art Les artistes syriens sont aujourd’hui contraints à l’exil. Ils racontent la guerre, mais à Beyrouth ou à Berlin, aidés par les instituts culturels allemands. Leur production s’en trouve évidemment reconfigurée.

Difficile de ne pas remarquer les nombreuses affiches du Goethe-Institut en se promenant dans la rue Gouraud, l’artère principale du quartier de Gemmayzeh qui était, il y a une dizaine d’années, l’un des principaux centres de la ville nocturne de la capitale libanaise. Outre les slogans incitant à apprendre la langue de Goethe — « Implique-nous dans ta vie. Apprends l’allemand » ou encore « Pris entre les extrêmes. Apprends l’allemand » — les affiches placardées annonçaient, pour le 28 septembre 2017, une « grosse Party » (grande fête) intitulée « Ich liebe Gemmayzeh » (« J’aime Gemmayzeh »), afin d’inaugurer ses nouveaux locaux dans le quartier. Si la musique était bien sûr présente lors de cette occasion, figuraient également au programme des performances de « calligraffiti » digital, réalisées en direct par les artistes venus de Berlin et de Beyrouth, l’objectif étant de créer une atmosphère qui rappelle la capitale allemande. Mais les activités culturelles de l’institut dépassent ses murs, comme en atteste la quatrième édition de la semaine du film allemand qui s’est tenue, pendant une dizaine de jours (du 21 septembre au 1er octobre 2017), au cinéma Metropolis, l’une des rares salles de la ville à programmer d’autres films que les grosses productions américaines à l’affiche des salles se trouvant dans les malls. Enfin, le Goethe-Institut apporte son soutien à l’organisation d’événements culturels, tels que le « Laboratory of Arts’ Beirut Showcase » consacré à la présentation d’œuvres d’artistes syriens aussi bien dans les domaines du théâtre, des arts visuels, des films que de la littérature. Par ailleurs, dans un contexte géographique totalement différent, l’espace temporaire « Goethe-Institut Damaskus I Im Exil », qui s’est tenu à Berlin du 20 octobre au 5 novembre 2016, a rassemblé une centaine d’artistes syriens et allemands (peintres, plasticiens, réalisateurs, écrivains, musiciens) et présenté une cinquantaine d’événements (expositions, lectures, projections, débats). Voir l'analyse de Nicolas Appelt, assistant-doctorant à l’Université de Genève (Unité d’arabe/Global Studies Institute)