simmelGeorg Simmel, disparu il y a un siècle, est un classique de la sociologie, mais on ne prête guère attention à l’inventivité philosophique dont il a fait preuve. Toute son œuvre tend à à une redéfinition de la métaphysique, attentive à la complexité des choses.

Le 26 septembre 1918 s’éteignait à Strasbourg Georg Simmel, après une vie étonnamment productive dans les domaines de la sociologie, de l’art, de la philosophie. Il n’eut pas le soulagement de connaître la fin d’une guerre qui avait obscurci ses dernières années passées à Strasbourg, où il avait obtenu son premier poste au printemps 1914, loin de son biotope berlinois, il n’avait pas eu le temps, surtout, de terminer la rédaction de sa « philosophie de l’art » et de sa « métaphysique », deux grands chantiers dont les brouillons ont été perdus. À ne prendre que le philosophe, le moins connu en France (moins que l’essayiste, moins que le sociologue), des découvertes restent à faire. Un livre récemment publié nous aide à y voir plus clair. Voir l'analyse de Denis Thouard, directeur de recherche au CNRS, qui s’intéresse à la question de l’interprétation, à la théorie herméneutique et à l’épistémologie des sciences sociales.