non Le non-recours aux aides sociales peut prendre plusieurs formes et s’expliquer diversement ; mais il traduit fondamentalement, selon Philippe Warin, une attente de justification adressée aux pouvoirs publics.

Depuis plusieurs années, de nombreux constats attestent qu’un nombre important de personnes renoncent à faire valoir leurs droits en matière d’aides sociales. Le phénomène de non-recours n’est certainement pas nouveau, mais comme il fait de plus en plus l’objet de mesures, son ampleur apparaît et le besoin de réponses grandit. Avec des taux de non-recours variant entre 40 et 60 % dans les pays de l’Union européenne, des solutions techniques se mettent en place pour faciliter l’accès des aides sociales et services publics. Le discours politique s’est cependant concentré sur deux formes de non-recours, la non-connaissance (l’aide n’est pas connue) et la non-réception (elle est connue, demandée, mais pas obtenue ou utilisée), mettant de côté la non-proposition (l’aide n’est pas activée malgré l’éligibilité du demandeur, que celui-ci connaisse ou pas l’aide en question), mais aussi la non-demande (l’aide est connue mais pas demandée, ou bien un droit ouvert mais la prestation non utilisée), ainsi que la non-orientation (les destinataires potentiels ne sont pas sollicités ou accompagnés pour activer un droit). Voir l'analyse de Philippe Warin, politiste, Ddrecteur de recherche 1re classe au CNRS. Il est chercheur en analyse des politiques publiques.