musique Elle sort un nouvel album, «The Very Start», qui crépite comme un incendie de forêt. Reportage chez la musicienne établie à Neuchâtel qui fabrique, avec le batteur Nicolas Pittet, un rock d’une effrayante beauté.

«Bricole, et une fois dans la chanson, reste dans la chanson.» Elle nous laisse jeter un œil, furtif, dans ses cahiers noirs, ces petits cahiers serrés où elle trace des textes en majuscules, au crayon, au stylo bleu. Avec parfois des mots traduits en français («grope along: avancer à tâtons»). On s’intéresse. Elle sort d’autres cahiers encore. Saturés d’écriture automatique, des pages entières, de pensée trimardeuse.

Et puis sur les murs de sa chambre, de son salon, de longues feuilles de conseils à soi – «ne pas boire trop, faire de l’exercice, pas de paranoïa» –, des textes qui sont d’abord des dessins. Emilie Zoé, dans cette après-midi neuchâteloise où la cage d’escalier sent le pétrole et la cuisine le citron confit, remonte au tout début. Avant la voix, la griffe..." La suite de la rencontre