trucsenplus2015-04Pas tous égaux au départ
Le déterminant génétique de la vulnérabilité a été détecté pour la première fois chez les êtres humains en 1996. Il s’agit d’une région localisée sur le chromosome 17 qui est responsable de la formation de certaines protéines permettant le transport de la sérotonine…
Cette substance est un neurotransmetteur qui joue un rôle primordial sur notre humeur. Ainsi selon notre capacité à transporter la sérotonine nous sommes plus au moins vulnérables aux états dépressifs. Cette découverte majeure a conduit à de nombreuses avancées neuroscientifiques notamment en pharmacologie dans la formule chimique des antidépresseurs.
Gros ou petit transporteur ?
Les « petits transporteur de sérotonine », que Boris Cyrulnik a joliment appelé les « douillets affectifs » sont plus sensibles aux contrariétés de la vie, plus vulnérables aux évènements stressants. Ils réagissent de manière plus émotionnelle et le stress va désorganiser leurs interactions à leur environnement pendant un temps plus long que les « gros transporteurs de sérotonine ». Un rien les blesse, pourrait on dire.
Bien évidemment ce facteur génétique n’a qu’un poids relatif dans les mille autres déterminants responsables de la vulnérabilité psychologique, mais un poids quand même… Et notre alimentation peut aider les « douillets affectifs » à rétablir un temps soit peu cette injustice de départ. En effet la sérotonine est également présente dans nombre de nos aliments et notamment dans… Le chocolat !
Le chocolat : un antidépresseur au naturel
C'est connu, le chocolat semble faire disparaître les petits coups de déprime… Et pour cause, les glucides du chocolat entraînent, notamment du fait de l'absence de protéines, une augmentation du tryptophane dans l'organisme par rapport aux autres acides aminés. Or le tryptophane est un produit particulier : lorsqu'il passe dans le cerveau, il est transformé en sérotonine !
Ainsi quand on transforme le « j’ai envie de chocolat » en « j’ai besoin de chocolat », il existe clairement une réalité organique dans nos mots qui montre que nous sommes à l’écoute de nos besoins physiologiques.
Alors joyeux chocolats à tous et joyeuse fête de Pâques !

Audrey Platania Maillot, psychologue